André Trillard : «Le Ministère des Armées constitue un ministère à part.»




La cohésion, les moyens et le moral de nos armées mis à mal par le Président de la République

Le Président de la République vient de se séparer du Chef d’état-major de l’armée française qui a fait connaitre,  devant la représentation nationale, son désaccord absolu avec le revirement opéré concernant son engagement de ne pas baisser le budget des armées.

La lutte contre les déficits ne doit pas affaiblir la lutte contre nos ennemis. 

Le Ministère des Armées constitue un ministère à part : il ne peut être question, pour des raisons budgétaires,  de prendre le risque de mettre la vie de nos soldats en danger, alors que nos hommes et nos matériels sont fortement sollicités, avec des budgets toujours plus limités, cela depuis plusieurs années.

Il y a beaucoup d'autres réformes structurelles à mener. Rogner le budget de l'armée et baisser notre garde alors que le monde est toujours plus dangereux et que le terrorisme est loin d'être éradiqué est une faute grave. 

C’est notamment le sens du tout récent  rapport d'information "La nécessaire modernisation de la dissuasion nucléaire », rédigé à l'issue de nos travaux avec plusieurs de mes collègues de la Commission  des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, lequel préconise notamment « un effort budgétaire nécessaire pour maintenir notre dissuasion nucléaire qui devra être de 3,9 milliards d’euros en 2017 avant de passer à 5,5 ou 6 milliards d’euros en 2025, à valeur constante ». 

André Trillard 
Sénateur de Loire Atlantique
Secrétaire de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat
Membre de la Délégation française à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN