André TRILLARD : «Crise agricole : la France a le devoir et les moyens d’agir à son propre niveau.»




L’incurie de nos gouvernants fait passer nos agriculteurs du désespoir à la colère. 

Mais que font donc les députés socialistes ? Ils rejettent en bloc la semaine dernière la proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire adoptée par le Sénat en décembre. En bloc ! c’est-à-dire sans même engager le débat sur les mesures concrètes qu’elle contient, mesures pourtant élaborées en concertation avec les acteurs agricoles pour apporter des réponses structurelles au déficit de compétitivité des exploitations agricoles.

Que fait notre gouvernement ? Il « met en place un calendrier à Bruxelles ». Revenu à Paris lundi soir, Stéphane LE FOLL indique que le commissaire a considéré que la crise était « plus grave que ce qu’il avait pu envisager » et qu’il viendra à Paris la semaine prochaine pour rencontrer le Premier ministre et notre flamboyant ministre de l’agriculture. Il s’agira alors de déterminer quelles mesures prendre lors du prochain conseil européen, début mars. Nous voilà rassurés !

La vérité est que si l’Europe est incontournable dans le dossier agricole, la France a le devoir et les moyens d’agir à son propre niveau pour desserrer l’étau.

La gravité de la situation est telle qu’elle impose d’abandonner les considérations politiciennes afin d’avoir le courage de défendre bec et ongles nos agriculteurs à Paris et à Bruxelles pour que soient prises en urgence les mesures qui permettront de sauver notre agriculture. Et peut-être, ce faisant, c’est un peu de l’ « idée européenne » que nous sauverions également…