Christophe PRIOU : «Il est regrettable d'alimenter artificiellement une vaine polémique sur un sujet sérieux.»




Christophe PRIOU : «Il est regrettable d'alimenter artificiellement une vaine polémique sur un sujet sérieux.»
Réponse à l’article paru dans Ouest France le 6 mars 2019 concernant le statut des paludiers.

Les élus de la Presqu'île et du département ont toujours répondu présent pour valoriser et défendre nos paludiers, déjà en 2000 lorsque nous avions mis en place en urgence un système d'avance de trésorerie suite à la marée noire de l'Erika.

Madame Sandrine Josso semble clairement oublier les avancées obtenues en 2006 sur la fiscalité des paludiers. Avant 2006, les paludiers étaient imposés sur le stock et non sur les ventes réalisées. En 2007, des avancées ont été obtenues sur l'alimentarité du sel qui sera complétée par l'Indication Géographique Protégée, en 2012, permettant au sel de Guérande d'être reconnu comme un produit à part.

Mercredi 6 mars 2019, le Sénat a examiné la proposition de loi pour la protection des activités agricoles et des cultures marines en zone littorale, adoptée par l’Assemblée nationale le 29 novembre 2018. Cette proposition de loi vise à renforcer le droit de préemption des SAFER (sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural) dans les communes littorales afin d'en limiter les contournements et de garantir ainsi la pérennité de la vocation agricole de bâtiments. Ce droit de préemption pourrait désormais s’exercer sur les bâtiments utilisés pour l’exercice d’une activité agricole au cours des 20 années précédant l’aliénation.

Concernant cette proposition de loi, la députée Sandrine Josso a mis en cause le travail des sénateurs alors même que ce texte a été adopté mercredi soir à l’unanimité. C'est le fruit d'un travail en bonne intelligence entre les deux chambres et le Gouvernement, démontrant ainsi l'utilité du bicamérisme.

Il est regrettable d'alimenter artificiellement une vaine polémique sur un sujet sérieux, alors que la protection des marais salants est un travail de longue haleine initié depuis de nombreuses années. Lors des débats au Sénat, le ministre de l’Agriculture a même reconnu que les dispositions sur les activités salicoles sont très attendues.

En 2017, une proposition de loi tendant à reconnaître la saliculture comme activité agricole a été déposée au Sénat par Bruno RETAILLEAU.

Concernant la proposition de loi sur "la protection des activités agricoles et des cultures marines" discutée le 6 mars au Sénat, la députée Sandrine Josso se trompe sur la forme et le fond. En effet, le Sénat a adopté conforme le texte de l'Assemblée nationale sur les articles relatifs à la conchyliculture. Cela signifie concrètement qu'une fois adopté définitivement, ce qui semble possible dès le 9 mai à l'Assemblée nationale, le texte sera immédiatement applicable. De plus, le gouvernement a présenté mercredi soir au Sénat un amendement visant à rajouter dans le code rural et de la pêche maritime la notion d’exploitation de marais salants.

Sur le fond, nous avions une vraie occasion de reconnaissance de l'activité salicole. Cette juste reconnaissance de la saliculture est demandée par l'ensemble des partis politiques depuis des années.  C'est donc le moment d'aller vite sans clivage politique alors que le Sénat et l'Assemblée nationale travaillent de concert sur un texte utile pour une reconnaissance enfin validée par les deux chambres du parlement et le Gouvernement.

Un élu de la nation est là pour défendre toutes les filières chaque fois que cela est possible. Les marais salants millénaires n'ont pas attendu 2017 pour vivre du fruit de leur inestimable production. Avec les moyens de communication modernes, il était pourtant simple de se contacter pour apporter à la députée Sandrine Josso un éclairage utile sur le travail constructif des deux assemblées.

Christophe PRIOU, sénateur de la Loire-Atlantique

NB - article Ouest France du 9 mars en réponse 
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