Christophe PRIOU : «Nous n'avons pas obtenu de réponse précise sur le contrat d'avenir porté par la région.»




QUESTION D'ACTUALITE SENAT : CONSÉQUENCES DE L'ABANDON DU PROJET DE NOTRE-DAME-DES-LANDES
Extrait du compte rendu de séance

M. le président. La parole est à M. Christophe Priou, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Christophe Priou. Pour commencer, je rappellerai très modestement Mme Girardin à son devoir de mémoire. Madame la ministre, vous fûtes des gouvernements de 2014 à 2017 de Manuel Valls, sous la présidence de François Hollande. (Eh oui ! sur plusieurs travées.) C'était quand même déjà un peu l'ancien monde ! (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)

Le Premier ministre est venu à Nantes jeudi dernier. Nous n'avons pas obtenu de réponse précise sur le contrat d'avenir porté par la région Pays de la Loire.
Le renoncement du Gouvernement et le reniement du Président de la République à construire l'aéroport du Grand Ouest, voilà déjà six mois, retarde pour de très nombreuses années une offre aéroportuaire adaptée. Le rapport du chargé de mission pour l'élaboration d'un projet stratégique pour les mobilités du Grand Ouest, qui aspire à une retraite bien méritée, nous laisse sur notre faim, car il est déjà éculé et suranné. Ni projet, ni calendrier, ni financement !

Nous avons encore un train de retard sur les investissements annoncés. La ligne à grande vitesse pour la Bretagne est en service depuis un an, Bretagne où le Président de la République préférait dernièrement aller rendre visite à ses soutiens de la première heure, comme on va voir le grand-oncle ministre des affaires étrangères – j'ai dit « le grand-oncle », non « le parrain », afin de ne pas créer d'amalgame avec l'actualité récente  (Mme Catherine Deroche sourit.) – ou le cousin germain président du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale.

Les vents contraires soufflent aujourd'hui sur la Loire Atlantique, laquelle est dorénavant mûre pour reprendre l'appellation de Loire Inférieure.
Dans ce contexte, que propose l'État, au-delà des aménagements urgents sur Nantes-Atlantique, après 2030, pour faire face à l'accroissement du trafic ?
Madame la ministre, vous direz au Premier ministre – mais le conseil vaut également pour vous – de moins écouter les entourages ministériels, qui avouent parfois avec cynisme que ce ne sont pas eux qui auront à gérer ces problèmes dans quelques années. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains. – M. Michel Canevet applaudit également.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre chargée des transports.

Mme Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports. Monsieur le sénateur Christophe Priou, vous l'avez rappelé, le 17 janvier dernier, le Premier ministre a annoncé une décision courageuse pour sortir de décennies d'impasse sur le projet de Notre-Dame-des-Landes. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Dans le même temps, il m'a demandé d'étudier le réaménagement de Nantes-Atlantique, la mise en réseau des aéroports du Grand Ouest et la fluidification des dessertes ferroviaires.

Dans ce cadre, depuis le début de l'année, je me suis rendu à trois reprises en Loire-Atlantique pour travailler avec l'ensemble des élus concernés. C'est également dans ce sens que j'ai confié une mission d'appui à Francis Rol-Tanguy, que vous avez cité, qui m'a remis son rapport, lequel est désormais en ligne. L'objectif c'est de faire émerger un projet stratégique pour les mobilités du Grand Ouest, en lien avec les élus du territoire et les parlementaires.

Comme vous l'avez également rappelé, le Premier ministre s'est rendu à Nantes le 5 juillet dernier. À cette occasion, il a indiqué que le Gouvernement s'engagerait sur un nouveau contrat de concession pour l'aéroport de Nantes- Atlantique, l'objectif étant que les nuisances sonores soient prises en compte d'une manière exemplaire au travers des documents de planification et de la mise en place d'un fonds de compensation pour dédommager des populations riveraines.

Le Premier ministre a également émis un avis favorable sur les grands thèmes inscrits dans le contrat d'avenir proposé par la région Pays de la Loire, l'idée étant de signer ce contrat d'ici à la fin de l'année. Ce contrat pourra contenir des projets importants, comme l'amélioration de la ligne Saint-Nazaire-Nantes-Angers-Le Mans, la création d'une troisième voie entre Massy et Valenton en Île-de-France pour faciliter l'accès aux aéroports franciliens, ou encore l'amélioration de la desserte Nantes-Rennes, grâce notamment à la création d'une section nouvelle entre Rennes et Redon.
Soyez donc assuré, monsieur le sénateur, que le Gouvernement a pleinement pris la mesure des enjeux de mobilité dans le Grand Ouest et qu'il y répondra. (MM. François Patriat et Claude Haut applaudissent.)

M. le président. La parole est à M. Christophe Priou, pour la réplique.

M. Christophe Priou. Élus locaux et habitants attendent du concret. Nous ne pouvons plus, en Loire Inférieure, nous contenter des seules pensées et paroles présidentielles, ainsi que ministérielles, aux intonations messianiques – « Je pense, donc je suis, donc j'ai raison » –, tant il est vrai que la solitude du pouvoir se transforme aujourd'hui en certitude du pouvoir. En Pays de la Loire, nous n'avons pas besoin de préfet qui tienne des discours de ministre ni de ministre qui tienne des discours de préfet. Nous voulons simplement le respect de la parole de l'État. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Anne-Catherine Loisier et M. Jean-Marie Bockel applaudissent également.)