Franck LOUVRIER : «Cette « green session» est aussi la traduction concrète de nos engagements pour la transition écologique.»




SESSION REGIONALE DES 18 ET 19 DECEMBRE 2019
INTERVENTION DE FRANCK LOUVRIER

 
 
Madame la Présidente, mes chers collègues,

Cette session est marquée par deux sujets importants.

Il y a évidemment le vote du budget, acte politique s’il en est. J’y reviendrai.
Mais cette « green session »  si vous me permettez cet anglicisme est aussi la traduction concrète de nos engagements pour la transition écologique.

Je débuterai donc mon intervention en évoquant un triste anniversaire. Celui du naufrage de l’Erika.

Il y a 20 ans, quasiment jour pour jour, ce navire sombrait au large de la Bretagne déversant dans l’océan atlantique des milliers de tonnes de fuel qui allaient souiller près de 400 km de côtes entre le Finistère et la Charente-Maritime.

Un terrible bilan :
  • Plusieurs centaines de milliers d’oiseaux morts,
  • 10 tonnes de produits cancérigènes dans l’eau,
  • Un préjudice écologique évalué à au moins 371,5 millions d’€ selon l’Inra…
Alors que des nappes de fuel lourd dérivent entre la côte du Croisic et La Baule, Dominique Voynet, Ministre « Verts » de l’Environnement du Gouvernement de Lionel Jospin déclara : « Ce n'est pas la catastrophe écologique du siècle ».

Une erreur de communication sans doute ; pourtant la communication c’est bien l’essentiel de ce qu’a fait la gauche en faveur des enjeux environnementaux. 

Posons-nous la question sur le mandat présidentiel précédent : quel est bilan de la présidence de François Hollande en la matière ?

Quelles actions ont été mises en place par les Ministres d’ « Europe Ecologie Les Verts », Cécile Duflot ? Emmanuelle Cosse ? Des prises de positions sur les questions de société mais pour la transition écologique, qu’ont-ils vraiment fait ?
Les évictions de Nicole Bricq puis de Delphine Batho, défenseures reconnues de l’environnement, qui auront cumulé à elles deux, à peine un an à la tête du Ministère de l’Ecologie et furent remplacées par la très médiatique Ségolène Royal dont l’échec de l’écotaxe aura marqué le quinquennat de François Hollande.

En définitive, seule la droite et le centre auront eu une politique volontariste quand la gauche et les Verts resteront beaucoup dans l’incantatoire.
  • Un ministre de l’environnement pour la première fois, ce n’est pas la gauche et les Verts,
  • La loi de renforcement de la protection de l'environnement (loi Barnier en 2005), ce n’est pas la gauche et les Verts,
  • La charte de l’environnement et le principe de précaution, ce n’est toujours pas la gauche et les Verts
  • Le Grenelle de l’Environnement, c’est notre majorité avec Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo
  • L’inscription du préjudice écologique dans la loi, c’est toujours nous grâce à nos collègues Bruno Retailleau au Sénat et Christophe Priou à l’Assemblée Nationale qui était aussi maire du Croisic.
 
Et enfin la prise de conscience planétaire « Notre maison  brûle et nous regardons ailleurs », c’est bien Jacques Chirac en Afrique du Sud qui l’incarne encore aujourd’hui. Nous nous sentons tous missionnés par ces déclarations en septembre 2002 à Johannesburg !

Madame la Présidente, vous êtes bien par vos mesures ambitieuses et pragmatiques la 1ère écologiste de la Région des Pays de la Loire.

Je comprends que cela puisse agacer ceux qui n’ont pas vu par exemple pendant 11 ans la mauvaise qualité de l’eau dans notre région !

Nous ne sommes pas là pour mettre en œuvre une écologie punitive mais pour développer une écologie positive, du concret et du réel.

Cette écologie qui permet de conjuguer avec responsabilité la préservation de notre cadre de vie, de la biodiversité et de notre patrimoine naturel exceptionnel tout en développant le territoire et en faisant du défi écologique une opportunité créatrice d’emplois et de richesses. A l’image de notre volonté de construire sur ce territoire un aéroport Haute Qualité Environnementale.

Avec les maires, qui sont aussi des acteurs essentiels pour inculquer les bons gestes écologistes du quotidien, votre impulsion, Madame la Présidente, s’amplifie et irrigue dorénavant l’ensemble de nos politiques publiques. Ce n’est un plan de communication visant à verdir notre action mais la traduction concrète de notre volonté politique, en digne héritier de ceux qui ont agit dans notre courant de pensée.

A cet effet, la Région mobilise ainsi plus de 350 millions d’€ entre 2017 et 2020 et augmente le budget dédié spécifiquement à la transition écologique de 13 %.
Il s’agit de la traduction financière des nombreuses avancées que la majorité régionale propose à cette session.

Ces avancées, elle concerne :
  • l’eau :
    • Face à la mauvaise qualité des cours d’eau en Pays de la Loire, nous lançons un ambitieux plan pour la reconquête de la qualité de l’eau pour lequel nous investissons 46 M€ investis sur 5 ans.
  • la transition énergétique :
    • Après avoir rénové près de 100 000 logements en 3 ans, nous accélérons celle-ci via la création de la SEM Croissance verte et le renforcement des financements pour la rénovation des logements sociaux et des jeunes.
  • le développement de l’hydrogène :
    • C’est le lancement de notre plan ambitieux pour lequel nous mobiliserons près de 3 millions d’€.
  • les transports :
    • avec la création d’un tarif « pic de pollution » sur les réseaux TER, destiné à offrir une alternative à la voiture et inciter les Ligériens à emprunter le réseau Aléop en cas de pic de pollution.
 
Dans le même esprit de responsabilité nous ne souhaitons pas faire reporter aux générations futures les choix budgétaires qui sont les nôtres aujourd’hui.
Nos indicateurs financiers attestent aujourd’hui de la pérennité de notre solidité financière et du maintien de notre capacité à mener des actions ambitieuses.

Je le rappelle, ce n’était pas le cas lors de notre arrivée. 11 ans de socialisme avaient considérablement et durablement entamé la crédibilité budgétaire de la Région.

L’agence de notation indépendante Standard & Poor’s avait d’ailleurs procédé à l’abaissement de la note à long terme en raison d’un volume d’engagements pluriannuels pris par le précédent exécutif régional plus important qu’anticipé.

La capacité du Conseil régional à agir et à investir efficacement était donc mise en danger en raison d’une triple explosion :
  • explosion des dépenses d’investissement : rien qu’entre 2010 et 2015, le montant des investissements a augmenté de 45% et bon nombre de ces investissements étaient discutables par leur pertinence. Nous avons fait revenir la Région à un investissement raisonné ;
  • explosion des dépenses de fonctionnement, qui augmentaient de 10 M€ d’euros en moyenne chaque année depuis 2009 ;
  • explosion de l’endettement, celle-ci avait été multiplié par 3, le stock de la dette était de 1,3 Md€ lors du vote de notre 1er BP.
 
Aussi, dès 2016, nous avons fait prendre à la Région un double tournant.
Celui de la responsabilité tout d’abord, à travers la maîtrise des dépenses de fonctionnement (baisse des indemnités des élus, des frais de communication…) et la préservation de la solidité financière de la Région afin de ne pas hypothéquer l’avenir. Concrètement, nous avons :
  • refuser d’augmenter les impôts régionaux,
    • Si nous avions poursuivi la politique fiscale de la majorité précédente, c’est 160 millions d’€ supplémentaires que nous aurions pris dans les poches des contribuables ligériens.
  • diminuer très fortement le recours à l’emprunt depuis 2015,
  • baisser les dépenses de fonctionnement chaque année : - 9,5M€ en 2016, -4,1M€ en 2017, -44,8M€ en 2018 (à périmètre constant)…
  • et fait de notre Région la 1ère de France
    • pour les dépenses de fonctionnement par habitant avec seulement 222€/habitant en 2018.
    • pour les dépenses de personnel par habitant avec seulement 41€/habitant.
Nous avons également pris le virage de l’exemplarité en étant la 1ère région en France à s’engager volontairement dans une démarche de certification de ses comptes afin de renforcer la transparence et d’améliorer ses procédures de contrôle.

Ce sérieux budgétaire nous a permis de conserver une véritable ambition pour notre territoire et de continuer à investir 450M€ en moyenne chaque année. Car il ne peut y avoir d’ambition possible sans rigueur budgétaire.

Aujourd’hui, tous ces efforts payent et les finances de la Région sont redressées. La collectivité a retrouvé ainsi une gestion saine et crédible.

Le redressement des finances régionales et la bonne gestion de la Région ont ainsi été saluées par Standard & Poor’s, nous permettant de regagner puis de conserver la note maximale AA.

La majorité précédente avait condamné, par sa mauvaise gestion, la Région à l’immobilisme.

Grâce à nos finances saines, nous avons ainsi la capacité à agir pour les Ligériens.
  • Nous lançons notre plan santé pour répondre aux déserts médicaux ;
  • Nous mettons en œuvre le pacte pour la ruralité face au risque d’une région à deux vitesses ;
  • Nous sommes grâce à notre action la 1ère Région de France pour l’apprentissage alors que le Gouvernement fait l’erreur de recentraliser cette compétence ;
  • La présidente prend la tête du Grand Port de Nantes Saint-Nazaire pour redonner une seconde jeunesse à nos ambitions portuaires ;
J’ai le sentiment que ceux qui parlent d’immobilisme sont sur le banc à l’arrêt regardant le TGV régional passer.

Avec ce budget et cette politique environnementale responsables et ambitieux, nous avons choisi d’investir et d’agir pour demain en préservant les générations futures.