Tribune de Gatien MEUNIER




Dans une tribune publiée à la veille d’une rencontre des Présidents de Départements avec le Président de la République, Philippe Grosvalet appelait à une nouvelle étape de décentralisation.
 
La réponse aux problèmes du quotidien, aux souffrances d’une partie de nos concitoyens, à leurs inquiétudes pour l’avenir, aux revendications exprimées par les gilets jaunes ces derniers mois, passe incontestablement par une nouvelle étape de décentralisation.
 
Car l’État administré par des hauts fonctionnaires, bien que compétents, a perdu l’indispensable proximité avec les Françaises et les Français, citoyens, contribuables et usagers du service public.
Ce lien de proximité, les collectivités locales l’ont conservé, elles l’ont même renforcé.
 
Pour que cette étape de décentralisation soit réussie et bénéfique pour nos concitoyens, 3 conditions doivent être remplies.
 
1) Le nouvel acte de décentralisation doit simplifier les compétences actuelles.
Qui peut comprendre que les communes gèrent les écoles, les départements les collèges, les régions les lycées ? Qui peut savoir à qui s’adresser quand un problème sur une route ou une piste cyclable dépend de la commune, de la communauté de communes ou du Département ?
Il faut donc impérativement simplifier en spécialisant les collectivités avec des thématiques propres et limiter au maximum les doublons et donc les lourdeurs administratives. 
 
2) Le nouvel acte de décentralisation doit passer par la mise en œuvre d’un véritable statut de l’élu.
Les débats actuels montrent combien la défiance est grande à l’encontre des élus nationaux, des « grands élus », quand la confiance envers les élus locaux reste forte.
Pour conserver ce lien de proximité, pour permettre la diversité des parcours et des catégories socio-professionnelles chez les élus, pour favoriser les passerelles entre activité professionnelle et mandat (sans compromettre les chances d’évolution professionnelle des uns et des autres), il faut un vrai statut, qui reconnaisse et facilite l’exercice d’un mandat notamment pour les actifs issus du secteur privé. Car les élus sont les cœurs battants de la République. Si le mandat d’élu local est passionnant, il est aussi chronophage et reste précaire. Rappelons que 90% des élus sont bénévoles et ne comptent pas leurs heures. 
 
3) Enfin, renforcer la décentralisation nécessite de réformer la fonction publique. Le statut de nos agents publics est trop rigide. Il doit être assoupli pour mieux adapter les carrières en fonction du mérite et des besoins réels des collectivités. Comme nous le réclamons régulièrement, l’application de la durée légale du travail (35h/semaine – 1607h/par an) doit être généralisée à l’ensemble des agents de la fonction publique territoriale afin de nous doter d’une administration modernisée, responsabilisée, plus souple et réactive. 
 
Si l’État accepte de se transformer en renforçant la décentralisation dans notre Pays, afin de se concentrer sur ses missions régaliennes et assurer l’égalité d’accès à l’éducation, aux soins, à la justice, à la sécurité, alors nous pourrons, grâce aux collectivités locales, à leurs élus et aux agents publics, répondre efficacement et concrètement au triple défi d’une société plus libre, plus égalitaire et plus fraternelle.